ILLICO / APRES ARDOISE VOICI EDVIGE...A QUAND PAULETTE

Publié le par BIENVENUE sur le blog de ZAKK

Renseignement : après Ardoise, Edvige veut ficher la sexualité de certains citoyens

La réorganisation des Renseignements Généraux va permettre à l'Etat de ficher la sexualité et la santé de certains citoyens perçus comme sensibles pour la sécurité publique. Les associations LGBT dénoncent un retour en arrière
.

On se souvient de la polémique qu'avait suscité, en avril dernier, le nouveau logiciel de la police, Ardoise, qui prévoyait de ficher des individus en fonction de leur orientation sexuelle. Michèle Alliot-Marie, la Ministre de l'Intérieur, avait dû reculer devant les réactions politiques et associatives et supprimer toute mention relative à la vie personnelle et privée de ce logiciel.

La même menace ressurgit aujourd'hui à
 la faveur de la réorganisation des services de renseignement de l'Etat qui prévoit la mise ne place d'un nouveau fichier dénommé "Edvige" (Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information Générale) dans lequel les services de police vont pouvoir enregistrer pour le compte de la direction centrale de la Sécurité publique des données sur l'orientation sexuelle et la santé de certains citoyens perçus comme sensibles.

Têtu, qui a dévoilé hier les caractéristiques de ce fichier sur son site, publie des extraits du décret paru au Journal officiel du 1er juillet qui précise le profil des individus concernés par ce fichage. Il s'agit de responsables politiques, économiques, associatifs ou syndicaux, de personnes jouant un rôle institutionnel ou encore d'activistes, présentés comme des "individus susceptibles de porter atteinte à l'ordre public". Autrement dit, toute la sphère des citoyens anciennement surveillés par les ex-Renseignements Généraux.
L'enquête de nos confrères révèle aussi que ces dernières semaines, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), organisme consultatif chargé de surveiller l'utilisation des données personnelles dans les systèmes informatiques, a émis une série de réserves sur les critères d'enregistrement des données liées à la santé et la sexualité au sein d'un fichier policier. Faute d'avoir été suivie, la CNIL déplore aujourd'hui "que la possibilité de collecter désormais des informations relatives à la santé et à la vie sexuelle des personnes ne soient pas assortie de garanties suffisantes".

Les associations LGBT réagissent ce matin avec vigueur à ce fichage qu'elles rapprochent de pratiques passées auxquelles la gauche avait mis fin avec l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand.

HES (Homosexualités et Socialisme) dénonce "une atteinte évidente et provocante aux libertés fondamentales". "Ce bond en arrière est un triste signal donné par notre pays à la communauté internationale, au moment où le gouvernement français tentait de présenter une façade honorable en matière de lutte contre l'homophobie. Car il s'agit bien d'un retour en arrière. C'est en effet en juin 1981 que le ministre de l'intérieur Gaston Defferre a fait détruire les listes d'homosexuels tenues par les préfectures", estime HES.

Le Collectif Contre l’Homophobie (CCH) considère que la Ministre de l’Intérieur "profite de la torpeur estivale pour rétablir cette disposition de sinistre mémoire, cette pratique digne des heures les plus sombres de l’histoire de notre pays".

Act Up parle de "flash-back étourdissant sur les années 50". L'association écrit dans un communiqué : "C'est donc clair : pour Nicolas Sarkozy comme pour Michèle Alliot-Marie, l'homosexualité et les problèmes de santé comme le sida sont potentiellement porteurs de 'troubles à l'ordre public' ".

Mis en ligne le 10/07/08

Publié dans ACTU

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