DICO / ANASTYLOSE

Publié le par BIENVENUE sur le blog de ZAKK

591px-Columnes2L'anastylose est un terme archéologique qui désigne la technique de reconstruction d'un monument en ruines grâce à l'étude méthodique de l'ajustement des différents éléments qui composent son architecture.

Description

Il peut aussi s’agir d’éléments reconstitués en matériaux contemporains pour présenter un détail de construction donnant l’échelle d’un édifice, comme cela a été le cas pour l'anastylose du site de Glanum à Saint-Rémy-de-Provence, Bouches-du-Rhône (reconstitution de la partie frontale et sud-est du plus petit des temples géminés). Si l’anastylose est assez souvent possible pour les monuments antiques en grand appareil, où chaque bloc avait une place définie, il est beaucoup plus difficile à réaliser pour des monuments aux pierres interchangeables comme les édificesPrasat Sdok Kok Thom-024 médiévaux. L’anastylose partielle de ceux-ci n’est possible que pour les parties trouvées en connexion (généralement en fouilles). Quand des éléments sont manquants, on peut avoir recours à des ajouts d'éléments modernes (ciment, plâtre, résine...)

La prudence est cependant de mise pour retenir la solution de l'anastylose, et dans tous les cas le choix de cette technique doit être précédé d'une étude scientifique préalable collégiale. En effet elle pose un certain nombre de questions :

-  Quelque rigoureuse que soit l'étude préalable à l'anastylose, une erreur d'interprétation peut mener à reconstituer le monument d'une manière erronée.

-  Les dégâts éventuels (souvent minimes) que peuvent subir les éléments durant l'assemblage.

-  Le fait que l'anastylose puisse hypothéquer, voire empêcher, un développement ultérieur des fouilles.

-  Le fait qu'un même élément puisse avoir été utilisé dans différents monuments à différentes périodes. Utiliser cet élément dans une construction, c'est nier les autres.

Exemples d'anastylose :

-  À grande échelle sur de nombreux monuments du site d'Angkor au Cambodge, à l'initiative de l'École française d'Extrême-Orient, à l'exception du Ta Prohm laissé en l'état ;

-  La restauration du complexe funéraire du roi Djéser par Jean-Philippe Lauer (Saqqarah) ;

-  La chapelle rouge (Karnak) ;

- Le Portique d'Attale sur l'Agora grecque d'Athènes, par l'École américaine d'archéologie (1952-56) ;

-  Le stûpa de Borobudur, Indonésie ;

-  Le palais crétois de Cnossos par l'archéologue Arthur John Evans ;

-  La grande colonne du frigidarium des thermes d'Antonin de Carthage ;

-  Le site khmer de Vat Phou[1], dans le sud du Laos (province de Champasak).

 

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