UNE SEMAINE / UN PAYS / L'IRLANDE

Publié le par BIENVENUE sur le blog de ZAKK

Harpe_celtique.jpgirlande drapeauL'Irlande, en forme longue la République d'Irlande, en irlandais Éire, [ˈeːrʲə] et Poblacht na hÉireann, en anglais Ireland et Republic of Ireland, est un pays d'Europe de l'Ouest, membre de l'Union européenne depuis 1973. C'est une république qui s'étend sur 26 des 32 comtés historiques de l'île. Elle partage l'île d'Irlande avec l'Irlande du Nord (les six comtés) restée partie constitutive du Royaume-Uni. La république d'Irlande revendique son identité celtique si bien que, sur le plan culturel, elle représente habituellement l'île d'Irlande considérée comme l'une des six « nations celtiques ».

Le symbole officiel du pays est la harpe celtique (qui figure sur les pièces d'euro), mais le trèfle à trois feuilles est souvent utilisé comme autre symbole, notamment par l'équipe irlandaise de rugby.

Il existe deux langues officielles en Irlande. La constitution dispose que la première langue nationale est l'irlandais, et que l'anglais est une langue annexe. Toutefois, l'anglais est fortement majoritaire, et l'irlandais, bien qu'enseigné obligatoirement à l'école, n'est plus pratiqué dans la vie courante que par très peu de personnes, essentiellement dans les différentes zones du Gaeltacht.

irlande 1Adepte de la concurrence fiscale et de la dérégulation, le pays a connu une forte croissance depuis le début des années 80 mais vit actuellement une grave crise liée tant à la surchauffe de l'économie qu'au départ de certaines multinationales non européennes en quête de fiscalité plus légère au sein de l'Union européenne.

Nom de l’état

Selon la constitution de 1937, le nom officiel de l'État est Éire en irlandais et Ireland en anglais.

Depuis la loi qui a établi la République le 18 avril 1949, le pays a aussi comme nom d'usage courant « République d'Irlande » (Republic of Ireland en anglais, Poblacht na hÉireann en irlandais), appellation non reconnue constitutionnellement. Par exemple, la présidente s'appelle présidente d'Irlande et non pas présidente de la République d'Irlande. En outre, les sources toponymiques francophones (IGN, UE, OIT) indiquent bien que la forme longue (ou officielle) du pays est Irlande, ce qui est confirmé par les versions françaises des traités européens dont l'Irlande fait partie.

L'appellation anglaise Irish Republic (République irlandaise) n'est pas utilisée – c'est le nom de la république autoproclamée le 21 janvier 1919. Entre 1922 (sortie du Royaume-Uni) et 1937, l'État s'appelait État libre d'Irlande (Saorstát Éireann en irlandais, Irish Free State en anglais).

irlande 8Géographie

L'Irlande est sur une île située au nord-ouest du continent européen dans l’Atlantique Nord. Elle s'étend sur une superficie de 70 273 km2[6]. Elle se situe au 53° Nord et au 8° ouest. Le pays comprend vingt-six comtés (trente-deux pour toute l'Irlande) depuis la partition du pays en 1921.

La capitale de l'Irlande est Dublin (ou Baile Átha Cliath en irlandais), mais d'autres villes possèdent une certaine notoriété : Galway, Cork, Waterford, etc.

La morphologie de l'île comprend une plaine centrale entourée de montagnes et de collines, particulièrement dans le Donegal et le Wicklow. Les paysages sont faits de tourbières, de lacs et de rivières. Au Sud-Ouest, les falaises de Moher surplombent l'océan Atlantique. Non loin de là, les îles d'Aran font face à la baie de Galway. À l'Est du pays, au Nord de Dublin, le rivage est assez plat. Mais tout autour de l'île s'étendent de nombreuses plages de sable fin.

Histoire

Les premiers occupants de l'Irlande sont arrivés sur l'île environ au 9e millénaire av. J.-C.. Ensuite sont venues des peuplades mégalithiques, puis néolithiques, qui ont développé l'agriculture et l'élevage. Au VIe siècle av. J.-C., les Celtes vont imposer leur civilisation laténienne. C'est une société parfaitement organisée en clans, et parlant le gaélique dans lequel les premiers poètes composent des chants et légendes qui constituent le patrimoine autochtone.

irlande 6Préhistoire

Les traces les plus anciennes du peuplement de l'île remontent au 9e millénaire av. J.-C., elles ont été retrouvées dans le comté de Waterford. Une migration de populations mésolithiques est attestée vers le LXVIe siècle av. J.-C., il semble qu'il s'agisse de peuples venus d'Europe du Nord, passés par l'Écosse. Ils se sont installés dans la région de l'actuelle Ulster. Leur mode de vie est une économie de prédation (chasse et pêche) qui va progressivement évoluer vers l'agriculture et l'élevage. Ils connaissent l'usage d'outils en pierre polie, cultivent la terre et ont du bétail. C'est une civilisation mégalithique qui érige des dolmens à vocation funéraire. De nouveaux arrivants entre XXe et XVIIe siècle av. J.-C. apportent l'âge du bronze. C'est de cette époque que date l'exploitation de mines de cuivre dans les régions de Cork et Kerry et d'or dans le Wicklow.

Les Celtes

C'est vers -500 que les Celtes font leur apparition en Irlande, leur civilisation sur l'île va durer près de mille ans. Leur arrivée s'est faite par deux routes différentes, par l'actuelle Grande-Bretagne et par irlande-12.jpgl'Espagne. La mythologie celtique a d’ailleurs conservé le souvenir de cette origine espagnole puisque, selon le Lebor Gabála Érenn (Livre des Conquêtes d’Irlande), les Milesiens (c’est-à-dire les Gaèls) sont dits fils de Míl Espáine. Avant l'introduction de la civilisation de La Tène (second âge du fer), l’histoire d’Erin est largement mythique.

La structure de la société celtique reprend le schéma de la structure sociale tripartite des Indo-européens au sommet de laquelle on trouve une classe sacerdotale composée des druides, des bardes et des vates. Les druides ont en charge la religion, le sacrifice, la justice, l’enseignement, la poésie, la divination ; les bardes sont spécialisés dans la poésie orale et chantée et doivent faire la louange, la satire ou le blâme ; les vates sont des devins qui se consacrent plus particulièrement à la divination et à la médecine. En Irlande, les filid (bardes) vont devenir les membres les plus influents de cette classe sacerdotale, dont une des prérogatives est de conseiller le roi. Dans la civilisation celtique, le rôle du roi est non seulement de mener la guerre, mais surtout de redistribuer les richesses et de dire la justice, inspirée par les druides. Longtemps ces rois n’ont été que des chefs au pouvoir incertain et aux successions problématiques. La deuxième classe de la société est celle des guerriers et la troisième est celle des producteurs, artisans, agriculteurs et éleveurs. Ces clans vont progressivement fusionner pour constituer quatre royaumes (ou provinces) : l’Ulster, le Leinster, le Munster et le Connacht (Connaught). Au début du Ve siècle, un Ard ri Érenn (roi suprême d’Irlande) étend son pouvoir sur toute l’île, il siège à Tara capitale de Meath. Les autres rois lui doivent le «  boroma  », tribut payable en bétail – son non-paiement entraîne des guerres dont la mythologie se fait l’écho, tout autant que les razzias.

Les romains, qui occupent la Bretagne (Grande-Bretagne actuelle), n'occuperont jamais l'Irlande (qu'ils appellent Hibernie), peuplée de populations trop difficilement assimilables et loin du centre de l'Empire.

Irlande 9La christianisation

La christianisation de l’Irlande marque la fin de la religion celtique, du moins en ce qui concerne sa mythologie, car la structure de la société s’est maintenue, avec une classe sacerdotale prédominante. Les circonstances exactes de l’introduction du christianisme dans l’île sont mal connues, d’autant que les textes relatifs à son initiateur, Saint Patrick sont largement hagiographiques.

Padraig serait né en 390 en un lieu incertain de l’île de Bretagne. Il était le fils d’un fonctionnaire britto-romain. En 405, il aurait été victime d’une razzia de Gaels et aurait été emmené commirlande-13.jpge esclave en Irlande, sous le règne du Ard ri Érenn, Niall Noigiallach. Pendant six années de captivité, passées à surveiller les troupeaux, sa foi en Dieu se serait affermie et une fois évadé, il aurait poursuivi ses études théologiques en Gaule. Les dates de son retour en Irlande sont incertaines (entre 432 et 490 selon les différentes thèses) mais la conversion de l’île, probablement commencée avant lui, aurait connu un moment décisif sous le règne du roi Loegaire, fils de Niall. Patrick est souvent décrit conversant avec les druides pour tenter de les convaincre que le Dieu unique est plus puissant que la magie druidique. La légende rapporte aussi qu’il a chassé tous les serpents de l'île et qu'il avait l'habitude d'expliquer le principe de la Trinité en montrant les feuilles du trèfle. Le concept de triades était en effet très répandu dans la mythologie celtique. Patrick est mort vers 461.

Dans ce contexte, la conversion du pays ne s’est faite que par celle des filid, qui sont devenus les porteurs de la nouvelle religion, de manière pacifique. Le rite celte est imprégné par les usages monastiques. Des moines des pays celtiques sont nombreux venus dans plusieurs pays d'Europe occidentale pour évangéliser et fonder des monastères. Les monastères de Clonard, Clonmacnoise, Glendalough sont des centres importants de culture et de spiritualité. L’église d’Armagh est fondée par saint Patrick vers 445. Au VIe siècle, la fondation du monastère de Bangor (558) par Comgall et celui de l’île d’Iona par Colomba, qui permirent l’évangélisation de l’Écosse. Ce n’est qu’au VIIe siècle que le synode de Whitby (664) préconise l'abandon des rites celtes au profit du rite romain mais certains usages celtiques se maintiennent jusqu'au XIIème siècle.

Les Vikings

Au VIIIe siècle, la croissance démographique et des guerres de succirlande-11.jpgession entraînent, semble-t-il, des peuples scandinaves, Norvégiens et Danois, à sortir de leurs territoires. Les Varègues partent vers l’est et fondent en Russie des embryons d’États, les Vikings (du norrois fara í víkingu : partir en expédition et víkingar qui désigne ceux qui partent) déferlent sur les îles britanniques à l’Ouest et le continent au Sud.

L’Irlande vit un âge d’or intellectuel par le dynamisme de ses institutions religieuses, mais sur le plan politique l’île est divisée entre cent à cent cinquante tuatha (les clans), à la tête de chacun desquels se trouve un rí (roi). Ces chefs sont eux-mêmes assujettis au roi d’une des cinq provinces (Ulster, Connacht, Munster, Leinster et Meath). Le Ard rí (roi suprême) porte un titre honorifique : son titulaire ne bénéficie pas d'une réelle autorité.

irlande-14.jpgC’est dans ce contexte d’instabilité que les Vikings arrivent dans l’île. Les premières expéditions attestées sont de 795, ils brûlent l’église de l’île de Lambay ainsi que les monastères d’Inisbifin et d’Inismurray; ce dernier subira un nouvel assaut en 807. Dès 812 les raids se concentrent sur la côte ouest, puis sur les rivages de la mer d'Irlande. Au début des années 820 le tour de l’île est accompli. Pendant une quarantaine d’années, les Vikings vont multiplier les raids et le razzias, privilégiant les monastères, non pour des raisons religieuses, mais parce que plus riches en trésors. Durant les années 830, ils remontent les fleuves et pénètrent à l’intérieur des terres qu’ils ravagent. En 836, ils empruntent la rivière Shannon et pillent le Connaught.irlande 5 L’année suivante, deux flottes d’une soixantaine de drakkars chacune, reconnaissent la Liffey et La Boyne, les territoires sont systématiquement ravagés, les habitants massacrés. Nombreux sont les exemples de leurs méfaits. L’hiver 840-841 marque une étape, puisque pour la première fois les Vikings passent la saison dans l’île et s’installent dans des places fortifiées qui deviennent aussi des lieux de commerce : Dublin, Annagassan, puis par la suite, Wexford, Cork, Limerick, pour ne citer que quelques établissements. Ce sont autant de bases retranchées qui permettent des expéditions vers l’intérieur, dont le point culminant semble être l’année Irlande 2845, à tel point que l’on parle d’invasion. Le revers de la médaille est que les rois celtes peuvent parfois les contenir et les assiéger.

Sous la couronne anglaise

Après la victoire de Brian Boru à la bataille de Clontarf, en 1014, l'Irlande connaît une brève période d'indépendance. Mais à la fin du XIIe siècle, l'Angleterre entreprend sa conquête. Après s'être limitée à l'ouest de l'île, en 1494, la couronne anglaise déclare sa domination sur toute l'île (loi Poynings). En 15irlande 441, Henri VIII prend le titre de roi d'Irlande. La colonisation par les confiscations de terres se développe alors. (cf. Plantations en Irlande).

Une grande révolte éclate en 1641, brisée par Oliver Cromwell en 1649 (massacres de Drogheda et Wexford). Les Irlandais ont profité de la première révolution anglaise pour tenter de recouvrer leur indépendance. Cromwell débarque à Dublin (durant l'été 1649) avec ses soldats, les « Côtes de Fer » et organise un véritable massacre. Selon les sources, entre le tiers et la moitié de la population de l'île est massacrée. Après sa défaite, l'Irlande est soumise à l'autorité et aux lois de l'Angleterre et les terres du Nord du pays sont confisquées et attribuées à des colons venus d'Écosse et d'Angleterre.

Jacques II, roi catholique chassé du trône de l'Angleterre protestante, tente de reprendre pied en Irlande et y est défait à la bataille de la Boyne (1690), le sort de l'Irlande s'aggrave encore. En 1695, Guillaume III promulgue des « lois pénales » anti-catholiques.

Un nouveau soulèvement a lieu en 1798, nourri aussi bien par l'émancipation des États-Unis que par l'exemple de la Révolution française (il est commémoré par la chanson The Wind That Shakes the Barley). La répression est terrible et le 1er août 1800, en réaction, la Grande-Bretagne proclame un « acte d'union » unissant totalement l'Irlande au Royaume-Uni.

Michael_Collins.jpgÉmigration et révolte

Le XIXe siècle est marqué par une émigration massive des Irlandais (plusieurs millions) en direction de l'Amérique, émigration accrue par les conséquences de la terrible famine qui sévit en Irlande entre 1846 et 1848. Cette famine est d'ailleurs l'objet de controverses, les nationalistes irlandais considérant que c'est délibérément que la couronne britannique laissa les Irlandais mourir de faim.

Mais à la fin du XIXe siècle, le mouvement pour l'indépendance reprend de la force, les élus irlandais au parlement britannique s'en font l'écho. Une suite de réformes agraires commence à restituer des terres aux Irlandais. En 1905, le Sinn Féin indépendantiste est fondé. De son côté, James Conolly fonde le premier journal socialiste irlandais : Workers' Republic. Des syndicats irlandais se développent.

Luimneach1900.jpgEn 1914, le « Home Rule » est voté, donnant une autonomie relative à l'île. Néanmoins le pouvoir suspensif de la Chambre des Lords puis le déclenchement de la Première Guerre mondiale l'empêcheront d'être mis en œuvre.

Durant la guerre, en 1916, sous la direction de l'Irish Republican Brotherhood du Sinn Féin et de l'Irish Citizen Army de James Conolly, éclate l'insurrection de Pâques 1916 à Dublin, qui proclame la République au nom de Dieu et des générations disparues. Elle est écrasée au bout d'une semaine. Mais le Sinn Féin en retire une popularité accrue : il remporte triomphalement les élections de décembre 1918, constitue un parlement irlandais (le Dáil Éireann) et proclame l'indépendance. Le pouvoir britannique dissout le parlement. Un nouveau soulèvement éclate, qui va durer trois ans.

dublin.jpgIndépendance

Le 6 décembre 1921, des négociations entre le gouvernement britannique et les dirigeants nationalistes irlandais aboutissent au traité de Londres, qui fait de l'Irlande, amputée des deux tiers de l'Ulster, un dominion au sein de l'empire britannique, l'Irish free state, qui se dota d'une constitution en octobre 1922. En fait, la partition de l'île s'est faite sur des critères économiques. L'Est de l'Ulster était la région la plus développée à l'époque. C'est pourquoi six des neuf comtés de l'Ulster restèrent britanniques dont 2 avec une faible majorité catholique. Ce traité fut ratifié de peu par le Dáil Éireann en décembre 1921, mais fut rejeté par une large majorité de la population. Cela entraîna la guerre civile d'Irlande qui dura jusqu'en 1923, opposant les adeptes d'une poursuite de la lutte pour obtenir l'indépendance complète de l'île et les partisans du compromis de 1921.

Dublin-2.jpgDurant ses premières années, ce nouvel État fut gouverné par les vainqueurs de la guerre civile. Cependant, en 1932, Fianna Fáil, le parti des opposants au traité, dirigé par Éamon de Valera, remporta les élections (il resta au pouvoir jusqu'en 1948). En 1933, De Valera, devenu président du conseil, fit abolir le serment au souverain du Royaume-Uni.

En 1937, il fait adopter une nouvelle constitution qui renomme l'État en Éire ou en anglais Ireland. Un traité conclu en 1938 avec le Royaume-Uni, lui laissait ses bases navales en Irlande et entérinait cette indépendance. L'Irlande resta neutre durant la Seconde Guerre mondiale, interdisant même officiellement au Royaume-Uni l'usage militaire de ses ports et aéroports.

En février 1948, c'est le parti Fine Gael qui remporte les élections. Le gouvernement est une coalition constituée avec le parti travailliste. En 1948, l'Oireachtas proclame le Republic of Ireland Act qui prend effet le 18 avril 1949 et qui déclare que l’Irlande est officiellement une république et que le pays ne fait plus partie du Commonwealth.

irlande-17.jpgParadoxalement il ne nomme pas le nouvel État comme étant la « République d'Irlande », mais considère que cela en est la description.

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