UNE SEMAINE, UNPAYS / L'ARGENTINE

Publié le par BIENVENUE sur le blog de ZAKK

Flag_of_Argentina_svg.pngL’Argentine, officiellement la République argentine (en espagnol : República Argentina ; [reˈpuβlika aɾxenˈtina]) est un pays d’Amérique du Sud partageant ses frontières avec le Chili à l’ouest, la Bolivie au nord-ouest, le Paraguay au nord, le Brésil et l’Uruguay au nord-est et à l'est, et l’océan Atlantique à l'est et à l'extrême sud.

Le pays proclama son indépendance le 25 mai 1810 lors de la Révolution de Mai, indépendance définitivement acquise le 9 juillet 1816 à San Miguel de Tucumán.

Sa capitale est Buenos Aires, sa langue nationale est l'espagnol et sa monnaie est le peso. Son nom Argentine vient du latin Argentum signifiant « argent ».

La grande majorité de la population argentine est d'origine européenne. La religion nationale est le catholicisme L'Argentine fait partie des pays dits du cône sud et parmi les pays d'Amérique latine, il est celui où la culture européenne est la plus affirmée. L'Argentine ayant été le pays le plus développé du continent sud-américain jusqu'aux années 1990, est en passe d'être dépassée par le Brésil[1]. Actuellement la place de deuxième puissance économique sud-américaine lui est disputée par le Venezuela en raison des recettes pétrolières de celle-ci.

Le drapeau argentin a été dessiné par le Général Manuel Belgrano, les bandes bleues et blanche font référence aux cocardes de la même couleur distribuées le 25 mai 1810 lors du début de la guerre d'indépendance. Le drapeau a été rendu officiel deux semaines après l'indépendance,le 25 juillet 1816, puis en 1818 fut ajouté le soleil dit "Sol de Mayo".

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Histoire

Époque précoloniale800PX--2.JPG

Un grand nombre de tribus indiennes peuplait l'Argentine avant la conquête espagnole (Diaguitas, Pampas, Tehuelches, Tobas, Matacos, Onas…)

 

Colonisation espagnole

En 1516, l'espagnol Díaz de Solís découvrit le Rio de La Plata. Le pays est colonisé entre le XVIe et le XVIIe siècles par les Espagnols.

 

Indépendance et dictature de Rosas

Federacioneconomica_tucuman.jpgDes mouvements d'opposition contre la métropole espagnole apparaissent à l'aube du XIXe siècle après avoir repoussé, en 1806 et 1807, deux expéditions militaires anglaises, car les Argentins durent se défendre seuls contre un ennemi autrement mieux armé et bien décidé à les recoloniser. Dès 1810 avec la Révolution de Mai (25 mai 1810) les Argentins deviennent indépendants de fait. En 1813 le gouvernement brûle en place publique les instruments de torture et déclare l'abolition de l'esclavage. L'indépendance déclarée le 9 juillet 1816 (Congreso dans la ville de San Miguel de Tucumán) n'est que la conséquence juridique venant entériner ce qui est déjàJuan_Manuel_de_Rosas.jpg une réalité. Plusieurs années de guerre contre l'Empire espagnol permettent aux Argentins de se séparer définitivement de l'emprise des Bourbons. Les généraux José de San Martín, Manuel Belgrano et Martin Miguel de Güemes, entre autres, matent toute velléité espagnole de reprendre sa colonie. Au commandement d'une armée d'environ 4 000 soldats, San Martin réalise une campagne prodigieuse. Il traverse la cordillère des Andes et inflige des défaites cruciales à l'armée espagnole, d'abord à la Cuesta de Chacabuco et puis (avec des troupes chiliennes de Bernardo O'Higgins) à Maipu, près de Santiago, où les Argentins détruisent définitivement l'armée royaliste stationnée au Chili.

La constitution sera proclamée en 1853, après la fin de la dictature de Juan Manuel de Rosas.

 

Dictatures du XXe siècle

Les présidences se succèdent entre 1930 et 1983, mais sur seize présidents, onze sont des militaires et plusieurs sont « présidents de facto » (par opposition à président élu).

eva-peron-6.jpgPerón parvint au pouvoir après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Celle-ci ayant entraîné l’affaiblissement de l’Occident, l'Argentine devient, vers 1950, la neuvième puissance économique mondiale. Après la guerre, de très nombreux nazis fuirent en Argentine.

Le péronisme est un mouvement national-populaire ; il encadre la population argentine (syndicats, femmes, jeunes, ouvriers...) en leur octroyant des droits et un statut. Le partage des richesses est désormais moins déséquilibré et la classe ouvrière argentine, qui ne s'est jamais tournée vers le marxisme ou le communisme, s'identifie au mouvement péroniste[réf. nécessaire]. Peron a donc cette dernière sous son contrôle, en partie grâce à la redistribution des richesses nationales. Cependant, l'opposition de la bourgeoisie est pour le moins active ; dès le retournement de la conjoncture économique, au début des années 1950, le leader populiste va être amené à pratiqueva_peron_12.jpger l'autoritarisme pour continuer à contrôler l'État et le pays. Par ailleurs, sa deuxième femme, Eva Duarte de Peron, n'est plus là pour galvaniser la population. En 1955, un coup d'État le chasse du pouvoir (l'armée bombardera la place de Mai, tuant de nombreux civils). Désormais, l'Argentine entre dans une période d'instabilité à la fois économique et politique. Le puissant mouvement péroniste est décapité mais va renaître sous la forme clandestine (sabotage, grèves...). Les élites du pays, revenues au pouvoir, cherchent alors une impossible formule de démocratie sans péronisme. Les militaires organisent des élections, puis reprennent le pouvoir quelque temps après, et ce, à deux reprises. En 1966 a lieu le coup d'État du général Ongania. Ce dernier, partisan de la manière forte, va mettre en place un régime bureaucratique et autoritaire. En réaction à la violence, les mouvements sociaux, les syndicats, les étudiants, les ouvriers vont se battre contre le régime jusqu'à prendre conscience de sa faiblesse. La situation s'aggrave jusqu'à l'année 1969, quand éclate le Cordobazo (une explosion de violence spontanée durant laquelle les ouvriers et les étudiants seront les principaux protagonistes). C'est la première pueblada (il y en aura bien d'autres dans tout le pays) : la population s'attaque aux symboles du pouvoir autoritaire (police...) mais aussi à ceux des multinationales étrangères. Le lendemain, le pays est paralysé par la grève générale. Désormais, mêa-IsabelPeron.jpgme la classe moyenne, traditionnellement anti-péroniste, s'associe au rejet du pouvoir bureaucratique et autoritaire. Les militaires se retirent alors en bonne et due forme, essayant de ne pas perdre la face. Mais il est trop tard et en 1973, la population assiste à la fin du régime militaire et à une véritable fuite des militaires qui rentrent dans leurs casernes, après 18 années d'interventions. Des élections démocratiques sont organisées, les militaires sont conspués, la gauche révolutionnaire voit ses organisations de masses légalisées et ses militants prisonniers sont tous libérés. L'extrême-gauche gagne des espaces de pouvoir au sein de l'État (Université...). On croit que les militaires ne Jorge_Rafael_Videla.jpgreviendront pas. Jamais alors le climat politique n'avait été aussi propice à la gauche en Argentine.

Après le retour du général Peron en 1973, qui se solde par le massacre d'Ezeiza (affrontements entre la gauche et la droite péroniste), le pays s'enfonce dans une « guerre sale », qui commence, dans la province de Tucuman, dès l'Opération Indépendance, qui impliquait l'enlèvement de dissidents politiques et leur séjours dans des centres de détention clandestins, où ils étaient torturés. La très grande majorité n'y a pas survécu. À cette occasion, les leçons apprises lors de la bataille d'Alger sont mises en pratique.

En mars 1976, un coup d'État dirigé par une junte de militaires (Jorge Videla, etc.) renverse la troisième femme de Péron, Isabelle Peron. On estime que la « guerre sale » a fait environ 30000 victimes, dans la majorité des disparus, sans compter les milliers d'exilés.

Buenos Aires participe en outre à l’opération Condor, et de nombreux réfugiés politiques de pays voisins sont assassinés par le biais des services secrets ou d'escadrons de la mort (la Triple A). L'ambassade américaine est souvent au courant.

 

Guerre des Malouines et transition démocratique

ARA_Belgrano_sinking.jpgAfin de relancer sa popularité, la junte de Buenos Aires, dirigée depuis décembre 1981 par Leopoldo Galtieri, l’un des plus « durs », décide d’envahir margretthatcher.jpgles îles Malouines en 1982, provoquant ainsi la guerre des Malouines contre le Royaume-Uni, alors dirigé par Margaret Thatcher. En raison de son anticommunisme viscéral et de la mise en place de l’opération Charly (pendant laquelle les services argentins ont transmis à leurs homologues d’Amérique centrale les techniques de la guerre sale : escadrons de la mort, torture systématique contre la population civile afin de la démoraliser, vols de la mort, etc.), Buenos Aires semblait penser pouvoir compter, à tort, sur le soutien de Ronald Reagan, nouvellement élu.

La défaite lors de la guerre des Malouines précipite la chute du régime et une lente transition démocratique.Alfonsin_with_presidential_band.jpg

Raul Alfonsin (1983-1989) fut le symbole même du retour à la démocratie en République argentine. Dès la première semaine de son mandat, en 1984, il abroge l’amnistie déclarée avant que les forces armées ne perdent le pouvoir et demande de poursuivre neuf dirigeants de la junte militaire. Il nomme en même temps une commission nationale sur la disparition des personnes et en choisit les membres : dix citoyens de premier plan, connus pour leur rôle dans la défense des droits de l’Homme. Aux yeux du monde éclate la cruauté des crimes de la junte militaire argentine : quelque 10000 personnes torturées puis exécutées clandestinement.

Mais si les principaux responsables dLaBoca_ST_98.jpge violations des droits de l'Homme durant le régime militaire seront jugés et condamnés, la pression de l'establishment militaire va forcer Alfonsin à céder aux revendications des militaires. Trois ans plus tard, son gouvernement empêche le jugement de nombreux autres responsables, en instaurant les lois de pardon Punto Final et Obediencia Debida. La première prescrit les procès à venir et la seconde accorde l'amnistie aux officiers subalternes, responsables d'atrocités commises sous les ordres des chefs des forces armées. Depuis lors, plusieurs présidents se sont succédé : Carlos Menem (1989-1999), Fernando de la Rúa (1999-2001). Des lois d'amnistie sont votées sous Menem, notamment en raison de la rébellion de secteurs d’extrême droite dans l'armée (les Carapintadas, qui tentent plusieurs coups d’État à la fin des années 1980). Un procès durant lequel comparaissent les principaux responsables de la junte, ainsi que des Montoneros, se tient néanmoins en 1985 : c'est le Procès des Juntes (Processo a las Juntas).

Menem_con_banda_presidencial.jpgLa décennie Menem est marquée par une libéralisation de l'économie, menant à la modernisation de la plus grande partie du pays, à l'enrichissement d'une part importante de la population, mais aussi à l'apparition de groupes contestataires, les piqueteros, qui deviendront célèbres après la crise économique de la fin des années 1990. En effet, de 1990 à 1998 se produit le miracle argentin, caractérisé par un libéralisme radical (alignement du peso sur le dollar, privatisations, réformes économiques et sociales) qui eut pour effet une croissance économique exponentielle, se traduisant par un enrichissement et une modernisation jamais vue dans le pays. Le FMI aida beaucoup l'Argentine à se développer durant cette période. La consommation a augmenté considérablement, et les Argentins ont alors pu accéder aux biens matériels qu'ont les Européens ; l'Internet, la télévision, la téléphonie mobile, l'électro-ménager moderne, etc. Cependant, ce libéralisme ne profita pas à toute la population. Les laissés-pour-compte du miracle économique représentaient une part non-négligeable dans l'Argentine des années 1990 : 18 % de chômeurs en 1996.

 

Crise de 2001

Cacerolazo_Argentina_2001-2002.jpgProvoquée par une fuite de capitaux massive pendant les mois d'août, septembre et octobre, la crise est partiellement jugulée par un contrôle drastique des dépôts bancaires, appelé Corralito, basé sur l'obligation d'effectuer toutes les opérations financières à travers les banques et la restriction des retraits d'argent en numéraire. Le gros de la population n'étant pas bancarisé, la perceptionpatagonie.jpg des rémunérations et salaires devient un véritable casse-tête, ce qui provoque une aggravation drastique de la crise en décembre 2001, provoquant un véritable chaos social, et des émeutes des classes sociales les plus appauvries par la crise. La répression cause 31 morts, le ministre des Finances est relevé de ses fonctions, mais cela ne suffit pas et le président signifie sa démission en s'enfuyant du palais du Gouvernement en hélicoptère. Le gouvernement, le FMI et la parité entre le peso et le dollar américain sont les thèmes les plus critiqués.

En dix jours, quatre présidents se succèdent (Camaño, Rodriguez Saa, Puerta, Duhalde), le gouvernement argentin se déclare en état de cessation de paiement, abroge la loi consacrant l'intangibilité des dépôts bancaires (ce qui provoque l’évaporation des dépôts des classes moyennes qui en avaient mais ne les avaient pas transférés) et, donc, par un approfondissement de la crise économique. Le 6 janvier 2002, le nouveau gouvernement procède à9_de_julio_-Buenos_Aires-.jpg un gel total des avoirs bancaires, appelé Corralón, et une dévaluation officielle du peso de 28 % par rapport au dollar, tandis que dans la rue le dollar se change à 1,60 peso pour atteindre très vite plus de 3 pesos.

Le monde entier a été surpris par les événements de décembre 2001. Les médias ont montré un pays caractérisé par les pillages de magasins et les concerts de casseroles des classes moyennes. Mais ces représentations sont simplistes et plus que subjectives. Les émeutes et les mobilisations ne sont pas nées à la fin de l'année 2001.404px-Duhalde23012007.jpg Dès 1989, une vague de saccages de magasins a eu lieu, conséquence de l'hyperinflation. En décembre 1993, le pays a connu des révoltes, notamment à Santiago del Estero. En 1996, les premiers piqueteros établissaient des barrages à Cutral-Co, dans la province de Neuquen. Mais les médias n'avaient laissé que très peu de visibilité à ces mouvements.

Les protestations de décembre 2001 doivent être analysées en tenant compte des changements que le répertoire de l'action collective a connus ces dernières années en Argentine. Comme l'a expliqué Javier Ayuero, « loin d'être l'explosion d'une citoyenneté paraissant jusqu'alors repliée sur elle-même et incapable d'exprimer son mécontentement, le mois de décembre 2001 représente plutôt le point le plus critique d'un processus de mobilisation populaire datant environ d'une dizaine d'années » (voir l'article intitulé « Fuegos y barricadas. Retratos de la beligerancia en la Argentina democratica », in Nueva Sociadad, « Argentina, fin del sueno », Caracas, mai-juin 2002, no 179, p. 144).

Eduardo Duhalde demeure président de l'Argentine entre janvier 2002 et mai 2003 où il met fin à la parité entre le peso argentin et le dollar américain et met en place un plan économique productiviste. Il appelle à des élections présidentielles anticipées en avril 2003 où il soutient le candidat péroniste de centre gauche Néstor Kirchner. Ce dernier est élu par défaut suite au retrait de Carlos Menem au second tour.

 

Gouvernement Kirchner

NSTOR_-1.JPGNéstor Kirchner exerce la fonction de président de la République argentine de 2003 à 2007. Il renégocie la dette du pays en 2005 (en fait, il refuse le remboursement de trois quarts des 100 milliards de dollars de dette extérieure). Il gèle les tarifs énergétiques et du transport, et taxe très fortement les importations, il relance l’activité économique (+ 50 % en cinq ans) soutenue par les dépenses publiques, et double la masse salariale (de 2003 à 2007).

Le pays est cependant isolé, seul le Venezuela d’Hugo Chavez acceptant de lui consentir des prêts (5 milliards de dollars en 2007).

Son épouse, Cristina Fernández de Kirchner, élue au premier tour le 28 octobre 2007 lui succède le 10 décembre 2007. En 2008 la présidente est confrontée à un lourd conflit social l'opposant aux agriculteurs et relatif, notamment, au niveau des taxes sur les exportations de soja. Les agriculteurs argentins ont engagé une grève d'ampleur de commercialisation des céréale.

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